04/01/2012

Iwan Müller

 

   
 

IWAN_M~1.JPGMULLER (Iwan), clarinettiste célèbre, inventeur de la clarinette à 13 clefs, est né à Reval (Russie) de parents allemands, le 15 décembre 1781. Après avoir brillé en Allemagne, il vint à Paris en 1809, avec l’intention d'y faire connaître sa nouvelle clarinette et sa clarinette alto destinée à remplacer le basset-horn, instrument imparfait et grossier. Müller voulait aussi établir une fabrique de ses nouveaux instruments; mais il manquait d'argent pour la réalisation de ce projet: il trouva dans M. Petit, agent de change, qui avait été autrefois élève du Conservatoire et y avait obtenu le premier prix de clarinette, un Mécène généreux qui comprit les avantages du nouvel instrument, et qui fournit à Müller tout ce qui était nécessaire pour l’établissement de sa fabrique. Elle ne prospéra pas. Müller n'avait pas l'esprit d'ordre qu'il faut pour la direction d'un semblable établissement; d'ailleurs, il trouva, dans les habitudes des artistes et dans leurs préjugés, de grands obstacles au succès de sa nouvelle clarinette. Il l'avait soumise à l'examen d'une commission qui en fit faire l'essai par Lefebvre et par ses principaux élèves; ceux-ci ne se donnèrent pas la peine d'étudier une chose nouvelle qui exigeait de l'exercice, et la rejetèrent. Le rapport de la commission fourmille d'erreurs. Müller avait dit, en présentant son instrument, qu'il était destiné à jouer dans tous les tons, et qu’il dispensait de l'usage de clarinettes différentes pour l'orchestre; on lit dans le rapport, qu'il serait fâcheux de renoncer aux clarinettes en ut, en si et en la, qui ont chacune une qualité de son différente, et que ces anciens instruments ont l'avantage de pouvoir être tirés lorsque la chaleur les a fait monter, tandis que la combinaison du mécanisme de la clarinette de Müller ne permet pas d'employer ce moyen: comme si ce n'était pas une monstruosité acoustique que ce tirage qui rompt les proportions entre les diverses parties du tube, et comme si le tirage ne devait pas être fait à l'emboiture du bec. Du reste, pas un mot dans ce rapport sur le perfectionnement de la justesse et de l'égalité de sonorité dans la clarinette de Müller, dont la supériorité sous ces rapports est incontestable, quoiqu'il reste encore beaucoup d'imperfections dans cet instrument. La seule critique raisonnable qu'il eût été permis de faire, est que la multiplicité des trous et l'attirail de tant de clefs diminuent la sonorité du tube ; mais on n'y songea pas. On regrette de voir de beaux noms comme ceux de Méhul et de Chérubini placés au bas d'un semblable rapport.

L'opinion des artistes du Conservatoire amena la ruine de la fabrique de Müller; toutefois il ne se laissa pas ébranler, et soutint la bonté de sa clarinette, dont il jouait lui-même en artiste d'un talent distingué. Une circonstance heureuse vint enfin mettre au jour les avantages du nouvel instrument : Gambaro, entré au théâtre italien de Paris, en 1816, comme première clarinette, l'adopta, et la manière dont il s'en servit dans les solos fit tomber toutes les objections. Berr, devenu seconde clarinette au même théâtre, puis première après le départ de Gambaro, l'avait aussi adoptée: ces deux artistes entraînèrent les autres. Cependant ce n'est que longtemps après que l'usage en est devenu général, dans les musiques de régiment, en Belgique et en France.

En 1820, Müller s'éloigna de Paris, où il n’avait point d'existence assurée, et retourna en Russie. En 1823, il reparut en Allemagne, et sembla vouloir se fixer à Cassel; puis il alla à Berlin, où il était en 1825. L'année suivante il voyagea en Suisse, puis en Angleterre, et enfin retourna à Paris après la révolution de juillet 1830. Schilling a été mal informé lorsqu'il a dit dans son Lexique universel de musique que Müller a accepté en 1826 la place de professeur de clarinette au Conservatoire : il n'a jamais eu d'emploi dans cette école. Lefebvre occupait encore cette place en 1826, et ce fut Berr qui lui succéda. Dans les dernières années de sa carrière agitée, Müller entra dans la chapelle du prince de Lippe-Schaumbourg, à Buckehourg , et mourut dans cette situation le 4 février 1854. Il se distinguait, dans le beau temps de son talent, par une bonne qualité de son, une manière élégante de phraser et beaucoup de chaleur dans l'exécution. Il a publié de sa composition;

 
  1° Symphonie concertante pour 2 clarinettes, op. 23, Leipsitk, Hofmeister.

2° Concertos pour clarinette:

  • n° 1 (en ré mineur); Bonn, Simrock ;
  • n° 2 (en mi bémol) Paris, Jouve;
  • n° 3 (en si bémol), Offenbach, André;
  • n° 4 (en la mineur), Paris, Dufaut et Dubois;
  • n° 5 (en mi bémol), ibid.;
  • n° 6 (en sol mineur), ibid.

3° Divertissement pour clarinette et orchestre, ibid.

4° Grand solo, idem, ibid.

5° Duos pour clarinette et piano ; Amsterdam, op. 13, Hanovre, Bachmann; autre idem sur des airs du Barbier de Séville de Rossini; Brunswick, Spehr. 

6° Quatuors pour clarinette, violon, alto et basse,

    • n° 1 (en si bémol), Offenbach, André;
  • n° 2 (en mi mineur), ibid.;
  • n° 3, Paris, Gambaro.

7° Plusieurs fantaisies et airs variés pour clarinette et piano.

8° Méthode pour la nouvelle clarinette à 13 clefs, et pour la clarinette alto. Paris, Gambaro. Il y a plusieurs éditions allemandes de cette méthode.

 
 

 Biographie universelle des musiciens par F.J. Fetis 1867

 

 

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02/01/2012

Tausch

 

 

 

Deux biographies pas tout à fait identiques.

Biographie universelle des musiciens par F.J. Fetis - 1867

 
 

Tausch (François), clarinettiste distingué, naquit à Heidelberg, le 26 décembre 1762. Son père, Jacques Tausch, alors simple musicien à l’église de Heidelberg, entra deux ans après dans la chapelle électorale, à Manheim. Il fut le seul maître de son fils pour la musique et les instruments. Dès l’age de  quatre ans, le jeune Tausch apprit à jouer du violon ; à huit, il se fit entendre en présence de l’électeur, dans un solo de clarinette, et dès ce moment il fut admis dans la chapelle. En 1777, il suivit la cour à Munich. Trois ans plus tard il accompagna Winter à Vienne, et pendant un séjour de six mois dans cette capitale, il perfectionna son talent ; puis retourna à Munich. Il y resta jusqu’en 1789, et ne quitta le service de l’électeur de Bavière que pour accepter les propositions du roi de Prusse, qui voulait le fixer à Berlin. En 1796, il fit un voyage à Hambourg, et y obtint un succès d’enthousiasme. De retour à Berlin, il y établit une société de musique qu’il dirigea pendant plusieurs années. Cet artiste estimable vivait encore en 1826, mais je n’ai pas de renseignements sur sa personne depuis cette époque. Dans les derniers temps, son embonpoint était devenu excessif. Tausch fut par son talent d’exécution le rival de Beer et Stadler, ses contemporains ; il y avait même plus de charme, de moelleux dans son jeu que dans celui de ces deux artistes. On a de sa composition :

    • Concerto pour clarinette principale N°1 ; Berlin, Hummel

    • Concerto pour clarinette principale N°2 (en mi b) ; Offenbach, André

    • Andante et polonaise ; Leipsick, Peters

    • Symphonies concertantes pour deux clarinettes, op. 26 et 27 ; Berlin, Schlesinger

    • Duos pour deux clarinettes ; ibid.

    • Trois duos pour clarinette et basson, op. 21 ; ibid.

 
 
    • Six quatuors pour deux cors de bassette et deux bassons, avec deux cors ad libitum, op. 5 ; Berlin, Dunker.

    • Six marches pour la garde prussienne, à 10 parties ; Berlin, Schlesinger

    • Cinq marches et un choral pour la garde russe ; ibid.

 

Extrait des notes rédigées par Michael Freyhan

 
 

Franz Wilhelm Tausch (Heidelberg, 1762 – Berlin, 1817) fut l’un des premiers grands virtuoses de la clarinette. Dès l’âge de six ans, il eut son père Jacob comme professeur et, deux ans plus tard, il devint le plus jeune membre de l’orchestre de Mannheim, jouant du violon et de la clarinette. À seulement treize ans, il rejoignit son père et devint membre à plein temps de l’orchestre. Mozart aurait certainement entendu les Tausch père et fils jouer dans l’orchestre quand il visita Mannheim en 1777, mais ils avaient suivi la cour à Munich lorsque Mozart eut sa célèbre réplique: «Oh, si seulement nous avions des clarinettes! – vous n’imaginez pas quel merveilleux effet peut rendre une symphonie avec des flûtes, des hautbois et des clarinettes» (lettre à son père du 3 décembre 1778).

De Munich, Franz commença à développer sa carrière solo, trouvant par la même occasion des opportunités de voyager. En 1789, il accepta l’emploi de musicien de chambre auprès de la reine douairière de Prusse et s’installa à Berlin. Plus tard, il joua aussi dans l’orchestre du roi Frédéric-Guillaume II. À la mort de celui-ci en 1797, son successeur, Frédéric-Guillaume III, offrit à Tausch de rester travailler à Berlin où il fonda, en 1805, le Conservatoire des Instruments à Vent. Parmi les nombreux élèves distingués de Tausch, il convient de citer Crusell et Heinrich Baermann.

Une notice nécrologique parue dans le Allgemeine Musikalische Zeitung du 19 mars 1817 résume ainsi les qualités de Tausch: «Il hérita (de son père) une rare perfection et séduisit le public par son exécution attrayante, raffinée, à la sonorité légère.» Le carnet ajoute: «Il écrivit aussi plusieurs concertos et quatuors dont seuls quelques concertos sont publiés.»

 
 

12:50 Écrit par clari38 dans Biographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vidéo, biographie |  Facebook |

05/12/2011

Denis Colin

 

 

 

 

 

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 Issu du free jazz tel qu’il fut acclimaté en France durant les années 1970 et impliqué dans des groupes durables de la musique improvisée, Denis Colin a opéré depuis ses débuts un cheminement qui l’a amené à se rapprocher progressivement des sources de la « Great Black Music » et des influences initiales dont il avait tendu à s’écarter. Clarinettiste basse exclusivement, il a développé une expressivité sur cet unique instrument qu’il engage dans des projets orchestraux qui mettent en évidence la riche variété de son timbre.

Né le 24 juillet 1956 à Vanves (France) dans une famille mélomane, il débute l’apprentissage du piano avant de s’intéresser à la clarinette. C’est finalement la clarinette basse qui gagne sa préférence. 

Relativement peu usité en dehors de l’exemple d’Eric Dolphy, l’instrument lui semble offrir des possibilités insoupçonnées, une beauté plastique, un potentiel sonore qu’il n’a cessé depuis d’explorer.

 
 

Fondé en 1991, le trio qu’il forme avec Didier Petit (violoncelle) et Pablo Cueco (zarb, tambour iranien) est l’occasion d’une évolution importante qui marque une rupture. Denis Colin opère un travail d’émancipation / distanciation par rapport au free jazz, à la recherche d’un autre langage et de nouvelles références qui offrent des formes plus structurées tout en gardant l’improvisation libre comme principal ressort dramatique.

 
 

L’ horizon des musiques traditionnelles et la musique de chambre contemporaine font partie des pistes que le trio explore. Autour de ce noyau se développent d’autres orchestres comme Les Arpenteurs créé en avril 1995. Après une décennie à explorer des compositions de sa main, Denis Colin aborde pour la première fois un répertoire de chansons très ancrées dans la culture afro-américaine. 

 
 

Toujours accompagné par les membres de son trio, il s’y confronte notamment à un chœur de gospel et à des rappeurs, soucieux de retrouver la puissance du chant que lui-même tend à rechercher sur la clarinette basse.

 

 

09:31 Écrit par clari38 dans Biographie | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : biographie, clarinette basse |  Facebook |

21/11/2011

Jean-Baptiste ALBERT

 

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15:58 Écrit par clari38 dans Biographie, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, biographie |  Facebook |